La gifle

Publié le 31 Août 2012

Léa a sept ans. L’âge de raison ?

Léa vient de recevoir en pleine figure une gifle donnée par son Papa. Pas une petite pichenette, non, une vraie gifle, qui claque, et laisse une marque rouge sur la joue. Ca fait un peu désordre au beau milieu d’une consultation médicale. Un silence inconfortable s’installe dans le cabinet de consultation, et les sanglots de Léa.

Léa pleure, et moi je me sens mal…

Je ne veux pas rester silencieuse : me taire signifierait que j’accepte, que je cautionne, que je suis complice. Je ne veux pas, mais que dire ? Certes Léa vient de nous faire vivre des minutes difficiles, pas très loin de la crise d’hystérie, malgré son jeune âge… Mais quand même, cette gifle, elle était violente ! Il me faut trouver rapidement les mots qui feront comprendre à Léa, et à son Papa, que je n’approuve pas ; tout en préservant le positionnement du Papa détenteur de l’autorité parentale ; tout en ne passant pas sous silence le comportement inadapté de Léa ; et sans être dans le jugement ou la moralisation…

Je regarde Léa, et je reviens sur le déroulement de la consultation. Je répète ce que j’avais essayé de lui expliquer quelques minutes auparavant, sur le pourquoi de la vaccination, sur le comment, sur les conséquences. Je lui dis que j’aurais aimé réussir à la rassurer, que j’aurais aimé que ça se passe autrement. Je lui dis que je suis vraiment désolée. Et j’en reste là.

Léa pleure, et moi je me sens mal…

Je me sens lâche vis à vis du Papa ; je me sens coupable vis à vis de Léa.

Dans le débat récurent sur la fessée, je n’ai pas d’avis tranché. Je ne suis ni pour, ni contre ; et je me demande en fait s’il faut vraiment légiférer là-dessus, s’il peut y’avoir une règle adaptée à tellement de situations différentes possibles. Mais je suis contre la raclée, ça c’est sûr !

Dans la situation présente, c’est vrai que Léa est partie complètement en vrilles. Mais n’est-ce pas de ma faute à moi, qui n’ai pas su trouver les mots pour la rassurer ? Moi encore, qui ai fini par demander « l’aide » de son Papa… N’est-ce pas aussi un peu la faute des parents qui font de leurs enfants des « traumatisés de la piqure » ? Est-ce que Léa « méritait » cette gifle ?

Léa pleure, et moi je me sens mal…

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